Zoom

de Gilles Granouillet

Samedi 10 Mars à 20h30

 

Dimanche 11 Mars à 17h

co-réalisé avec Scène en Seine

Mise en scène: Jean-Marc Galéra

Avec : Annette Benedetti

Théâtre Contemporain

Durée: 1h15

à partir de 12 ans

 


L'histoire

 Entre rires et bouffées d'émotion, l'itinéraire d’un enfant pas gâté. La réunion parents-profs d'un collège. On attend le prof principal. Une mère prend la parole et ne la lâche plus. Elle raconte son histoire et celle de son fils, un enfant difficile, comme on dit. Elle nous fait rire, avec sa vie déglinguée et ses rêves de réussite en trompe-l'œil. Elle nous dit une certaine misère ordinaire. Comme elle sait le dire, elle qui n'a jamais tant parlé: avec mordant, avec humour, avec audace ! Tout commence là, quand une mère invente pour son fils le destin qu'elle n'a pas eu.

Une interrogation tendre, drôle ou violente, sur l'éducation, l'école, les parents, les valeurs et les modèles que la société impose à nos rêves.

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Dans une salle des professeurs où le professeur principal tarde à arriver, une femme, la mère de Burt, « un enfant difficile », se lance dans un long monologue. Elle qui n’arrivait pas à parler, dit dans un flot de paroles intarissable son vécu de mère célibataire, de femme qui n’a été aimée ni par sa mère, ni par celui qui lui a fait un enfant, ses difficultés face à l’école et aux services sociaux, des mondes dont elle n’a pas les codes, ses ambitions pour son enfant, elle qui n’avait pour ambition que d’être tolérée, et l’énergie folle qu’elle déploie pour l’amener à réussir ce dont elle rêve pour lui.

Le texte de Gilles Granouillet dit tout ce que la sociologie nous enseigne sur les voies de garage où se trouvent enfermées les catégories les plus défavorisées : échec scolaire, maladresses, inefficacité et violence des services sociaux, rêves sans espoir de réussite sociale glamour, une succession d’humiliations qui brisent peu à peu la personne. Il met à nu la détresse de cette femme qui ne maîtrise ni le langage ni les codes des Institutions, qui rêve de ce qu’elle imagine être le meilleur pour son enfant et ne peut s’échapper que dans la violence, puisqu’elle n’a pas les mots. Mais ce n’est pas un cours de sociologie qu’il nous propose, c’est la parole d’une femme qui arrive enfin à dire ses émotions, son amour, à cesser de rêver pour son fils, à l’écouter et à en être fière. Et le torrent de mots qui sort de sa bouche nous bouleverse.
Annette Benedetti, dans une mise en scène sobre de Jean-Marc Galera, est cette femme avec son jean, son petit blouson et son grand sac clinquant, mâchonnant son chewing-gum, riant pour cacher sa gêne, ne maîtrisant pas toujours la syntaxe, mais qui une fois lancée ne s’arrête plus et dit tout ce qu’elle a sur le cœur. Elle a une énergie folle, elle nous entraîne dans les castings, dans le bureau du proviseur, sur les bancs du tribunal, elle nous fait rire ou nous emporte au bord des larmes. Elle est formidable.

Micheline Rousselet